Petite fable du Moyen-Age

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De bon matin un curé se prépare pour aller au marché ; il enfourche sa mule et le voilà parti pour la ville. On est en septembre et les haies sont noires de belles mûres. Messire curé lit son bréviaire distraitement, attiré qu’il est par les fruits sauvages et probablement sucrés à souhait. Il emprunte sur quelques mètres un chemin creux bordant la route pour satisfaire sa gourmandise.

- Ciel je n’ai jamais vu de mûres si belles.

Sa mule arrêtée devant un buisson, il se pique en voulant cueillir les plus belles qui sont aussi les plus inaccessibles. Alors il monte sur sa selle et se régale goulument. Une fois rassasié, il regarde sa mule dont il admire l’immobilité.

- Dieu, se dit-il si quelqu’un criait : hue !

Il avait pensé tout haut. Sa bête part brusquement et le bon curé s’écrase dans les épines. Il s’empêtre dans le fourré pendant que sa monture regagne au petit trot son écurie.
Lorsque la mule arrive à la cure, la servante croît le curé mort et se lamente.
Elle part en hâte pour le marché et passant près du buisson tortionnaire elle entend les appelles du pauvre curé.

- Au secours, je suis ici ! Aie ! Aie ! Que je souffre. J’ai le dos tout en sang.

- Oh ! Messire curé, qui vous a mis dans cet état là ?

- Ah ! Ma bonne servante ! C’est le péché ! Ce matin en passant par ici, j’allais lisant mon bréviaire, quand des mûres m’ont tenté. Voyez ce qui m’est arrivé. Le buisson m’a agrippé.
- Aidez - moi à m’en sortir. Ah ! Je ne demande qu’une chose c’est de rentrer chez moi.

Moralité : « point n’est prudent de dire trop vite sa pensée, il en résulte maints désagréments et maintes humiliations »

Tiré de : pour l’amour d’une ronce de B. Bertrand

La légende de l'épine noire

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Il y a longtemps l’épine noire avait de petites fleurs très discrètes. Le buisson ne s’en inquiétait pas parce qu’on l’appréciait de toute façon à l’automne grâce à ses fruits bleu noir bénéfiques pour la santé. Un jour, il y a presque 2000 ans, un soldat romain fut chargé de collecter des branches piquantes. Il devait fabriquer une couronne pour Jésus qui avait été arrêté et qui serait crucifié sur la montagne Golgotha près de Jérusalem.

Il y a longtemps l’épine noire avait de petites fleurs très discrètes. Le buisson ne s’en inquiétait pas parce qu’on l’appréciait de toute façon à l’automne grâce à ses fruits bleu noir bénéfiques pour la santé. Un jour, il y a presque 2000 ans, un soldat romain fut chargé de collecter des branches piquantes. Il devait fabriquer une couronne pour Jésus qui avait été arrêté et qui serait crucifié sur la montagne Golgotha près de Jérusalem. Ce soldat chercha les branches les plus pointues. Après avoir collecté les branches avec de vilains aiguillons de la rose et de la mûre, il découvrit un buisson avec des bouts très longs et très pointus, à savoir l’épine noire. Ces épines longues tortureraient Jésus le plus.

Le vendredi de l’exécution, le condamné fut poussé en avant à travers le chemin, l’épine noire découvrit que la couronne que Jésus portait contenait également des branches de ses buissons à lui. Consterné, il baissa ses branches. Sa honte fut telle qu’il décida que dorénavant il ne fleurirait plus et pria sans cesse au ciel afin d’être pardonné pour avoir contribué à la confection de la couronne d’épines.

Un soir l’épine noire entendit une voix qui s’adressa affectueusement à lui : "Chère épine noire, tu n’es pas responsable des souffrances de mon Fils." Le vrai coupable est le soldat qui a fait mauvais usage de tes branches pour en faire une couronne cruelle. Pour montrer ton innocence au monde entier, tu seras dorénavant le premier buisson à fleurir au printemps avec de grandes fleurs très claires. Ces fleurs seront blanches, couleur de l’innocence. Après chaque hiver, les gens se réjouiront de voir tes fleurs, annonçant la fin de l’obscurité hivernale.
Depuis ce jour l’épine noire est couverte de haut en bas de fleurs blanches sur ses branches qui ne portent pas encore de feuilles. C’est l’annonce précoce du printemps qui habille les haies et les bords de forêts de hauts buissons blancs qui égayent le paysage.

Le conte de l'églantine

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Il y a bien longtemps, quand le monde était très jeune et que les hommes n’avaient pas encore émergés, aucune fleur n’égayait la prairie. Seuls y poussaient des herbes et des buissons gris-vert.
Mère Terre était bien triste, car sa robe manquait de relief et de couleurs.
Elle avait tant de fleurs dans le cœur : des bleues comme le ciel, des blanches comme la neige, des jaunes comme le soleil brillant de midi, des fleurs rose tendre comme la naissance de l’aube un jour de printemps. Toutes, elle les portait en elle, mais aucune ne venait fleurir sa terne robe grise

Comprenant sa tristesse, une petite fleur décide de prendre place sur sa robe afin de la rendre plus belle. Elle entreprend le long chemin dans les couloirs sombres et humides du ventre de la terre et s’installe sur la prairie. Mais lorsque le Démon du Vent l’aperçoit, il se met à gronder ; « je ne veux pas cette jolie fleur sur mon terrain de jeux »
Hurlant et rugissant il se précipite sur elle et souffle sa flamme de vie. Mais l’esprit de la petite fleur regagne bien vite le cœur de la terre.
D’autre fleurs, courageuses, sortent à leur tour, mais le Démon du Vent, déchainé les tue l’une après l’autre.

Vient le tour de la malicieuse églantine, rose sauvage des prairies. Courageusement elle se glisse dans les couloirs sombres et humides du ventre de la terre. Elle s’installe confortablement sur la prairie, arrange sa robe, s’appuie contre un vieux buisson content de lui faire une petite place, s’accroche à ses branches avec ses multiples épines et attend. Le Démon du vent aperçoit bientôt Eglantine et se précipite sur elle en hurlant. Elle est bien jolie mais je ne veux pas d’elle sur mon terrain de jeux. Il s’élance, grondant, soufflant de violentes bourrasques. Eglantine s’accroche au vieux buisson, elle frissonne et très vite son parfum subtile embaume l’air et atteint le Démon du vent. Il recule, il revient doucement, il s’enroule dans ce voile parfumé.

Son parfum est doux, je ne peux ôter la vie à une si jolie personne qui sent si bon. Il faut qu’elle reste ici, avec moi. Il faut que j’adoucisse ma voix, que je lui susurre de douces chansons. Il ne faut pas que je l’effraye avec mon terrible vacarme.
Et le Démon du vent se change en Zéphyr. Il fait sa cour à l’églantine. Il envoie de douces brises sur la prairie. Il fredonne de jolies chansons. Il a cessé d’être un Démon !
Alors Eglantine appelle toutes les autres fleurs, qui à leur tour font le voyage
pour venir habiller la prairie. Les bleues …. Les blanches…les jaunes….les roses…..
Et c’est ainsi que grâce à la malicieuse et courageuse églantine, la terre est désormais habillée de si belles couleurs.

Conte Scioux Lakota sur la naissance des fleurs

Le grain de sel de la conteuse:
" ... Cette fragile églantine que nous rencontrons chaque printemps, à la lisière des bois et qui sait nous charmer par son parfum subtile.
Celle-là même qui régale les enfants gourmands en automne, de compotes ou autres régals de ces fruits rouges, les cynorrhodons, récoltés avec amour par des grands-mères qui courent encore les bois."

La fileuse d'orties

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C’est près de Valencienne, qu’autrefois vivait Burchard le loup, seigneur vil et cruel. Il maniait le fouet sur ses chevaux et sur ses serfs qu’il forçait aux labours en les attelant, pieds nus, à ses charrues.
Un jour qu’il chassait le sanglier, Burchard traversa une clairière et s’arrêta tout net devant la chaumière de Renelde, une belle paysanne, affairée à filer du chanvre au soleil couchant.
Troublé par la beauté de la jeune fille, Burchard se senti pris de passion pour elle.

La toisant du haut de sa monture, il ordonna qu’elle quitte sa demeure pour le rejoindre au château. A son grand étonnement Renelde refusa tout net. Je dois prendre soin de sa grand-mère malade et mon cœur n’est plus à prendre ; je prépare mes épousailles avec Guilbert le bûcheron, pour autant que Dieu et vous-même, mon seigneur, m’y autorisiez !
Jamais on n’avait résisté à Burchard. Furieux il mit une condition à ce mariage : tu vas cueillir toutes les orties bordant le cimetière. Fais-en un fil qui te servira à tisser deux chemises. La première sera ta tenue de noces et la seconde me servira de linceul à mon enterrement.

Renelde resta bouleversée. Elle ne savait pas comment filer des orties et son seigneur était jeune et fort et bien loin de l’heure de sa mort. Elle s’exécuta, cependant. De ses doigts souples, avec beaucoup de patience, elle arriva à filer toute sa cueillette des belles piquantes.
Elle en tira un fil souple et doux qui fut bientôt tissé. Elle confectionna, comme on le lui avait ordonné, une belle chemise pour ses noces. A peine avait-elle commencé son ouvrage pour la deuxième chemise que Burchard, dans son château fut pris d’un mal étrange, comme si le vent d'hiver lui avait brisé les côtes

Plus l’ouvrage de Renelde avançait, plus le seigneur dépérissait. IL fallait qu’elle disparaisse avant que la chemise ne soit terminée. Il ordonna qu’on la tue. On la jeta dans la rivière, on la lança dans un précipice, on voulu détruire les deux chemises, mais un sortilège protégeait la douce et pure jeune fille qui revenait toujours à son ouvrage. Quand l’aiguille piqua le dernier
point et que la deuxième Chemises fut complètement terminée,dans son château, le seigneur rendit son dernier soupir. Le lendemain, la noce de Renelde croisa, près du cimetière l’enterrement de Burchard le Loup, mort d’un mauvais amour

Tiré de l'Arbre aux Trésors d'Henri Gougaud

la fee du sureau

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Un petit garçon fort enrhumé est au lit. Sa mère lui prépare une bonne tisane de fleurs de sureau pour le faire transpirer. Au moment ou elle pose la théière sur la table de chevet, apparaît le vieil homme de la maison. Dès qu’il l’aperçoit, l’enfant crie :
- Une histoire, une histoire, mère assure que tout ce que vous regardez peut devenir une
histoire.
- Oui, répond le vieux, mais il faut attendre qu’un récit me frappe le front.
- Est-ce que cela va frapper bientôt demande le gamin, les yeux écarquillés.
- Je crois qu’il est là répond le vieil homme. Regarde bien la théière, le couvercle se soulève, vois-tu le sureau qui sort de la théière. Regarde toutes ces fleurs qui garnissent la chambre et cette aimable femme qui se balance dans le buisson.

Un petit garçon fort enrhumé est au lit. Sa mère lui prépare une bonne tisane de fleurs de sureau pour le faire transpirer. Au moment ou elle pose la théière sur la table de chevet, apparaît le vieil homme de la maison. Dès qu’il l’aperçoit, l’enfant crie :
- Une histoire, une histoire, mère assure que tout ce que vous regardez peut devenir une
histoire.
- Oui, répond le vieux, mais il faut attendre qu’un récit me frappe le front.
- Est-ce que cela va frapper bientôt demande le gamin, les yeux écarquillés.
- Je crois qu’il est là répond le vieil homme. Regarde bien la théière, le couvercle se soulève, vois-tu le sureau qui sort de la théière. Regarde toutes ces fleurs qui garnissent la chambre et cette aimable femme qui se balance dans le buisson.
- Qui est-ce demande le garçon.
- Chez nous on l’appelle la Fée du sureau.
- Tu vois petit, Il y a fort longtemps, juste avant de partir à la guerre, un très jeune homme avait demandé en mariage sa promise dans le jardin de notre ferme. La jeune femme avait alors planté devant la maison un petit sureau qu’elle arrosait tous les jours pour porté chance à son fiancé. Le jeune homme est revenu, le mariage été béni devant le sureau. Plus tard ils ont mis un banc au pied du sureau et tous les événements importants de leur vie ont été fêtés là. Le petit garçon qui avait bien écouté l’histoire dit
-Mais ce n’est pas un conte !
- Et si nous demandions l’avis de la fée du sureau, répond le vieil homme.
La fée installée sur la théière regarda le petit garçon avec douceur et lui dit :
- non ce n’était pas un conte mais n’oublie jamais que c’est de la réalité que naissent les plus belles histoires.

La fée prend alors le petit garçon dans ses bras, l’emporte à l’intérieur du sureau. Bientôt ils sortent du buisson et entreprennent un merveilleux voyage. Ils sortent du village, ils filent sur un coursier rapide, ils partent loin … très loin.
Enfin de retour ils arrivent au pied du sureau devant la ferme.
- Avant de partir me diras-tu ton nom belle dame ?
- On m’appelle la fée du sureau, mais mon vrai nom c’est Souvenir !
La fée fait alors un signe de la tête …et … dans son lit le petit garçon se réveille. Sur la table la théière fume encore mais le sureau et la fée ont disparus.
- Oh maman j’ai fait un merveilleux voyage. J’ai été loin très loin dans des pays chauds. La mère sourit :
-Cela ne m’étonne pas, avec deux tasses de tisane de sureau on va bien vite dans les pays chauds.
Elle borde son fils, l’embrasse. L’enfant ferme les yeux pour aller peut-être … retrouver la fée du sureau.
Tiré du conte de Hans Christian Anderson